Mensonges, IVG et guérison

Par Articles 2 commentaires

Nul n’ignore que les États-Unis sont un pays de contrastes, pour ne pas dire de contradictions. On peut voir tout et son exact opposé côte à côte sans que cela n’étonne vraiment le résident. Mais du point de vue de l’extérieur, ce qui me frappe le plus, c’est l’amplitude des différents mouvements, notamment religieux. Je n’ai rien contre, sur le principe, ayant une posture sceptique, mais néanmoins ouverte. Par contre, là où je deviens nettement moins ouvert, voire carrément hostile, c’est quand on verse dans le mensonge et la manipulation. On a le droit de diffuser sa philosophie (soyons larges) comme on l’entend, mais à partir du moment où l’on décide de mentir pour mieux parvenir à la propager, n’y a-il pas un léger problème? C’est ce qu’on va essayer de voir.

Lire la suite

Protéger la police ou les policiers?

Par Revue de presse Pas de commentaires

Au Palais Fédéral se votent de nombreux textes, certains sur des sujets anecdotiques, d’autres aux implications plus profondes. Le nombre fait qu’il est impossible d’avoir un œil sur tout, bien qu’il existe un moteur de recherche. Ainsi, l’autre jour, en feuilletant négligemment le 20 Minutes , j’apprends qu’une motion intitulée Durcissement des sanctions en cas de violences contre la police, les autorités et les fonctionnaires a été votée par le National. Elle est pour l’instant en attente du vote des États et le CF avait proposé de la rejeter. Les soutiens ne m’étonnent guère, le PDC et l’UDC ayant fait un front uni.

Lire la suite

Faut rigoler!

Par Articles Pas de commentaires

J’ai mis Dieudonné et Count Dankula pour illustrer cet article. SI le premier est largement connu sous nos latitudes, le deuxième est venu récemment en lumière suite à une vidéo où il avait appris au carlin de sa copine à faire le salut nazi quand il dit « Gas the Jews » (lien en français). Il a été condamné pour cela, la peine encourue est de six mois. Le susnommé se défendait en disant que c’était juste une blague pour faire enrager sa copine, une explication que les juges n’ont pas retenue, manifestement. Je ne compte pas refaire ici le procès, n’étant pas expert en lois, encore moins écossaises, mais plutôt proposer quelques pistes de réflexion sur l’humour et  la liberté d’expression.

Lire la suite

Tournée d’Orphaned Land

Par Articles Pas de commentaires

Orphaned Land… Je ne saurais dire tout l’amour que j’ai pour ce groupe. Ils en viendraient presque à détrôner Saez. Un son puissant, des mots finement ciselés qui tapent juste, une présence sur scène incroyable et une humanité qui manque à nombre d’entre nous. Je les avais vus en formation électrique et acoustique il y a quelques années, et en fin de semaine passée, j’ai eu la chance de les revoir deux fois, en Valais et à Zug, accompagné de trois autres groupes. Même si Lunarsea et Subterranean Masquerade sont de bonnes formations (et de sacrés agités) , j’ai un attachement émotionnel si fort avec eux qu’ils les ont littéralement éclipsés. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai sauté, crié, chanté et j’ai repleuré quand c’était fini.

On est lundi et je ressens encore les stigmates au cou et au dos, mais bon sang ça en valait le prix. Je sens que les vinyles vont bien tourner cette semaine. Si vous ne les connaissez pas, mais qu’est-ce que vous attendez pour corriger ça?

Deuxième service

Par Articles Un commentaire

Au courant de l’année passée, j’avais supprimé l’ensemble du contenu qui n’était pas lié à la photo sur ce blog. Puis j’en ai rouvert un autre pour y mettre mes textes. Et voici que je reviens en arrière en rapatriant tout sur ce blog. On verra bien si je serai assidu cette fois ou si je renverrai tout à nouveau dans les abysses numériques…

Les Fiançailles – Guillaume Apollinaire

Par Citations Pas de commentaires

Le printemps laisse errer les fiancés parjures
Et laisse feuilloler longtemps les plumes bleues
Que secoue le cyprès où niche l’oiseau bleu

Une Madone à l’aube a pris les églantines
Elle viendra demain cueillir les giroflées
Pour mettre aux nids des colombes qu’elle destine
Au pigeon qui ce soir semblait le Paraclet

Au petit bois de citronniers s’enamourèrent
D’amour que nous aimons les dernières venues
Les villages lointains sont comme leurs paupières
Et parmi les citrons leurs cœurs sont suspendus

Mes amis m’ont enfin avoué leur mépris
Je buvais à pleins verres les étoiles
Un ange a exterminé pendant que je dormais
Les agneaux les pasteurs des tristes bergeries
De faux centurions emportaient le vinaigre
Et les gueux mal blessés par l’épurge dansaient
Étoiles de l’éveil je n’en connais aucune
Les becs de gaz pissaient leur flamme au clair de lune
Des croque-morts avec des bocks tintaient des glas
À la clarté des bougies tombaient vaille que vaille
Des faux-cols sur des flots de jupes mal brossées
Des accouchées masquées fêtaient leurs relevailles
La ville cette nuit semblait un archipel
Des femmes demandaient l’amour et la dulie
Et sombre sombre fleuve je me rappelle
Les ombres qui passaient n’étaient jamais jolies

Je n’ai plus même pitié de moi
Et ne puis exprimer mon tourment de silence
Tous les mots que j’avais à dire se sont changés en étoiles
Un Icare tente de s’élever jusqu’à chacun de mes yeux
Et porteur de soleils je brûle au centre de deux nébuleuses
Qu’ai-je fait aux bêtes théologales de l’intelligence
Jadis les morts sont revenus pour m’adorer
Et j’espérais la fin du monde
Mais la mienne arrive en sifflant comme un ouragan

J’ai eu le courage de regarder en arrière
Les cadavres de mes jours
Marquent ma route et je les pleure
Les uns pourrissent dans les églises italiennes
Ou bien dans de petits bois de citronniers
Qui fleurissent et fructifient
En même temps et en toute saison
D’autres jours ont pleuré avant de mourir dans des tavernes
Où d’ardents bouquets rouaient
Aux yeux d’une mulâtresse qui inventait la poésie
Et les roses de l’électricité s’ouvrent encore
Dans le jardin de ma mémoire

Pardonnez-moi mon ignorance
Pardonnez-moi de ne plus connaître l’ancien jeu des vers
Je ne sais plus rien et j’aime uniquement
Les fleurs à mes yeux redeviennent des flammes
Je médite divinement
Et je souris des êtres que je n’ai pas créés
Mais si le temps venait où l’ombre enfin solide
Se multipliait en réalisant la diversité formelle de mon amour
J’admirerais mon ouvrage

J’observe le repos du dimanche
Et je loue la paresse
Comment comment réduire
L’infiniment petite science
Que m’imposent mes sens
L’un est pareil aux montagnes au ciel
Aux villes à mon amour
Il ressemble aux saisons
Il vit décapité sa tête est le soleil
Et la lune son cou tranché
Je voudrais éprouver une ardeur infinie
Monstre de mon ouïe tu rugis et tu pleures
Le tonnerre te sert de chevelure
Et tes griffes répètent le chant des oiseaux
Le toucher monstrueux m’a pénétré m’empoisonne
Mes yeux nagent loin de moi
Et les astres intacts sont mes maîtres sans épreuve
La bête des fumées a la tête fleurie
Et le monstre le plus beau
Ayant la saveur du laurier se désole

À la fin les mensonges ne me font plus peur
C’est la lune qui cuit comme un œuf sur le plat
Ce collier de gouttes d’eau va parer la noyée
Voici mon bouquet de fleurs de la Passion
Qui offrent tendrement deux couronnes d’épines
Les rues sont mouillées de la pluie de naguère
Des anges diligents travaillent pour moi à la maison
La lune et la tristesse disparaîtront pendant
Toute la sainte journée
Toute la sainte journée j’ai marché en chantant
Une dame penchée à sa fenêtre m’a regardé longtemps
M’éloigner en chantant

Au tournant d’une rue je vis des matelots
Qui dansaient le cou nu au son d’un accordéon
J’ai tout donné au soleil
Tout sauf mon ombre

Les dragues les ballots les sirènes mi-mortes
À l’horizon brumeux s’enfonçaient les trois-mâts
Les vents ont expiré couronnés d’anémones
Ô Vierge signe pur du troisième mois

Templiers flamboyants je brûle parmi vous
Prophétisons ensemble ô grand maître je suis
Le désirable feu qui pour vous se dévoue
Et la girande tourne ô belle ô belle nuit

Liens déliés par une libre flamme Ardeur
Que mon souffle éteindra Ô Morts à quarantaine
Je mire de ma mort la gloire et le malheur
Comme si je visais l’oiseau de la quintaine

Incertitude oiseau feint peint quand vous tombiez
Le soleil et l’amour dansaient dans le village
Et tes enfants galants bien ou mal habillés
Ont bâti ce bûcher le nid de mon courage

28.02.2018

Par Textes Pas de commentaires

On se croyait dieux immortels, enfants éternels. Devant nous, on ne voyait que l’horizon à perte de vue. On n’imaginait pas qu’à force de s’en rapprocher, cet horizon laisserait  place à un précipice sans fond. Et puis, c’est la chute, inexorable, nos bras fouettent l’air avec la rage du désespéré qui lutte à mort contre un destin qu’il sait pourtant invincible. Cette ultime lutte pour la survie serait vénérable si elle ne paraissait pas aussi vaine avec un peu de recul. Nous ne sommes ni oiseaux ni esprits, nous ne sommes qu’un amas de chairs pesant et bientôt mort, nos viscères maculeront la terre, puis seront engloutis par elle. Elle nous vomira ainsi dans la bouche d’autres Sisyphes insouciants qui perpétueront à jamais ce risible spectacle qu’est l’humanité.

J’envie les disparus, j’envie ceux-là qui ne souffrent plus, qui dans les caresses de la mort ont trouvé un précieux réconfort. On me dira qu’avoir peur de la mort est naturel,  que l’aimer est suicidaire. Mais pourtant je ne la désire pas, je ne la repousse pas, je me sens forcé à continuer le jeu de la vie alors que j’aurais voulu quitter la table il y a bien longtemps. Bien sûr, quelques péripéties , quelques rencontres vont venir épicer la fade bouillie de l’existence. Mais comment faire quand on est pleinement conscient que ces parfums ne sont là que pour rendre cet indigne aliment quelque peu acceptable alors qu’au fond, la vie restera toujours ce qu’elle est: de la merde?