Certains diront qu’il n’y a guère que l’inégalité salariale qui sépare les femmes des hommes. Si seulement ils pouvaient avoir raison… Doit-on leur rappeler que le droit de vote au niveau fédéral c’était il y a a peine 45 ans ou qu’ont précédé Dame Helvétie de nombreux pays considérés aujourd’hui par ces mêmes personnes comme arriérés ? Ces quelques affiches d’époque ont pourtant bien été faites en Suisse. On pourra remarquer au passage que l’inégalité se poursuit même sur l’affiche pro-suffrage féminin avec la couleur associée a l’homme plus présente que celle de la femme. Enfin, je dis couleur mais c’est du gris, et en plus elle semble avoir besoin d’assistance pour marcher. Tout un symbole…

Source RTS

Est-ce qu’aujourd’hui c’est mieux? Oui, il y a le droit de vote, la liberté apparente de pouvoir choisir son métier mais les femmes subissent pourtant de nombreuses pressions et menaces dûes uniquement à leur statut de femme: les viols et agressions sexuelles physiques bien entendu, crimes d’ailleurs souvent commis par des proches des victimes, les remarques désobligeantes sur l’espace public ou les avances pressantes qui se finissent par un Salope! résonnant parfois encore de longues nuits dans les oreilles. Pour en rester au rayon sexuel, à vie sexuelle égale, la vertu d’une femme en sortira de toute façon perçue comme plus dépravée que celle d’un homme, en témoigne le vocabulaire particulièrement fleuri en la matière. On soupçonnera également beaucoup plus facilement une femme qu’un homme d’avoir joué de son physique pour obtenir une promotion.

Jusque là, nous sommes restes dans l’ordre du palpable. mais si on y regarde d’encore plus près, cette inéquité se loge bien profondément. Pendant que des esprits chagrins se querellent à propos d’ une réforme orthographique normale dans la vie d’une langue et à la portée bien plus réduite que ce qui est prétendu (Non, on ne va pas écrire wazo pour oiseau, renseignez-vous sur son contenu avant de débiter des inepties…), d’autres batailles lexicales se livrent et d’un tout autre ordre d’importance cette fois. Si vous en doutez, regardez la cargaison d’insultes sexistes et homophobes présente dans toutes les langues, y compris celles dont le sens a glissé. Typiquement, Putain est devenu quelque chose de très générique, une exclamation bien souvent sans aucune autre composante sexuelle que son étymologie. Au-delà de l’insulte, songez à la problématique du langage épicène et de toutes ces fonctions pour lesquelles il n’existe pas de féminin ou qu’il n’est pas utilisé. Comment dites-vous Monsieur le Maire au féminin, par exemple ? Madame le Maire? Madame la Maire? Ou, comme il se doit, madame la Mairesse (Ceci n’est pas un néologisme)

Les stigmates de cette domination masculine se retrouvent également dans toutes les « vertus » attribuées à un sexe ou l’autre. L’homme doit être fort et courageux (sinon c’est une tapette), la femme sensuelle, fidèle et bien maquillée. Certains stéréotypes sont aussi transmis de manière inconsciente. Remémorez-vous votre dernier pique-nique entres amis. Qui s’est occupe du feu? Je n’ai pas souvenir d’avoir vu une seule fois une femme allumer un feu. Pas parce qu’elles ne savent pas en allumer un bien sûr mais bien parce qu’on n’attend pas d’elles qu’elles le fassent.

Je sais bien que ce n’est pas mon petit texte qui risque de changer grand chose, cela ne pardonnera pas non plus le mépris millénaire qui est voué à la femme mais si je pouvais faire prendre conscience à au moins une personne de tout cela…

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