Mensonges, IVG et guérison

Mensonges, IVG et guérison

Nul n’ignore que les États-Unis sont un pays de contrastes, pour ne pas dire de contra­dic­tions. On peut voir tout et son exact oppo­sé côte à côte sans que cela n’étonne vrai­ment le résident. Mais du point de vue de l’extérieur, ce qui me frappe le plus, c’est l’amplitude des dif­fé­rents mou­ve­ments, notam­ment reli­gieux. Je n’ai rien contre, sur le prin­cipe, ayant une pos­ture scep­tique, mais néan­moins ouverte. Par contre, là où je deviens net­te­ment moins ouvert, voire car­ré­ment hos­tile, c’est quand on verse dans le men­songe et la mani­pu­la­tion. On a le droit de dif­fu­ser sa phi­lo­so­phie (soyons larges) comme on l’entend, mais à par­tir du moment où l’on décide de men­tir pour mieux par­ve­nir à la pro­pa­ger, n’y a-il pas un léger pro­blème? C’est ce qu’on va essayer de voir.

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Faut rigoler!

Faut rigoler!

J’ai mis Dieu­don­né et Count Dan­ku­la pour illus­trer cet article. SI le pre­mier est lar­ge­ment connu sous nos lati­tudes, le deuxième est venu récem­ment en lumière suite à une vidéo où il avait appris au car­lin de sa copine à faire le salut nazi quand il dit “Gas the Jews” (lien en fran­çais). Il a été condam­né pour cela, la peine encou­rue est de six mois. Le sus­nom­mé se défen­dait en disant que c’était juste une blague pour faire enra­ger sa copine, une expli­ca­tion que les juges n’ont pas rete­nue, mani­fes­te­ment. Je ne compte pas refaire ici le pro­cès, n’étant pas expert en lois, encore moins écos­saises, mais plu­tôt pro­po­ser quelques pistes de réflexion sur l’humour et  la liber­té d’expression.

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Tournée d'Orphaned Land

Tournée d’Orphaned Land

Orpha­ned Land… Je ne sau­rais dire tout l’amour que j’ai pour ce groupe. Ils en vien­draient presque à détrô­ner Saez. Un son puis­sant, des mots fine­ment cise­lés qui tapent juste, une pré­sence sur scène incroyable et une huma­ni­té qui manque à nombre d’entre nous. Je les avais vus en for­ma­tion élec­trique et acous­tique il y a quelques années, et en fin de semaine pas­sée, j’ai eu la chance de les revoir deux fois, en Valais et à Zug, accom­pa­gné de trois autres groupes. Même si Lunar­sea et Sub­ter­ra­nean Mas­que­rade sont de bonnes for­ma­tions (et de sacrés agi­tés) , j’ai un atta­che­ment émo­tion­nel si fort avec eux qu’ils les ont lit­té­ra­le­ment éclip­sés. J’ai ri, j’ai pleu­ré, j’ai sau­té, crié, chan­té et j’ai repleu­ré quand c’était fini.

On est lun­di et je res­sens encore les stig­mates au cou et au dos, mais bon sang ça en valait le prix. Je sens que les vinyles vont bien tour­ner cette semaine. Si vous ne les connais­sez pas, mais qu’est-ce que vous atten­dez pour cor­ri­ger ça?

Deuxième service

Deuxième service

/ Article

Au cou­rant de l’année pas­sée, j’avais sup­pri­mé l’ensemble du conte­nu qui n’était pas lié à la pho­to sur ce blog. Puis j’en ai rou­vert un autre pour y mettre mes textes. Et voi­ci que je reviens en arrière en rapa­triant tout sur ce blog. On ver­ra bien si je serai assi­du cette fois ou si je ren­ver­rai tout à nou­veau dans les abysses numé­riques…

Decodex et information autorisée

Decodex et information autorisée

Le Deco­dex, pour ceux qui n’en auraient pas enten­du par­ler, est un outil de véri­fi­ca­tion des sources d’information, lan­cé par le jour­nal Le Monde assez récem­ment, crée dans le but de lut­ter contre la dés­in­for­ma­tion. En effet, au contraire du temps de nos pères, nous vivons dans un monde bai­gnant dans l’information sous des formes diverses et variées. Sites offi­ciels de jour­naux phy­siques bien enten­du, mais aus­si des pages per­son­nelles, des agré­ga­teurs de conte­nu, des réseaux sociaux, des sites de réin­for­ma­tion, etc… Nous ne par­le­rons pas des sites sati­riques sauce Gora­fi ou Nord­presse (que cer­tains pour­tant par­tagent sans même lire comme cela a été le cas avec Jean-Luc Addor et cet article) car leurs traits sont tel­le­ment gros­sis et ils annoncent la cou­leur (par­fois en petits carac­tères, certes) de telle manière qu’il faut vrai­ment être dis­trait pour par­ta­ger un tel conte­nu comme étant la Véri­té.

Or donc cet outil se pro­pose de clas­si­fier dif­fé­rents sites selon leur per­ti­nence. Les contours des règles de clas­se­ment sont un peu flous, et des soup­çons de conflits d’intérêt pèsent sur l’outil (par exemple le clas­se­ment de Doc­tis­si­mo qui change peu ou prou en même temps que l’annonce d’une nou­velle publi­ca­tion com­mune…) Même si l’intention affi­chée de cet ins­tru­ment est louable, sa concré­ti­sa­tion par un groupe de presse d’envergure est-elle une bonne idée? Les esprits cha­grins y ver­ront sans doute un ava­tar du Mini­ver d’Orwell, bien que le Deco­dex invite dis­crè­te­ment à consul­ter d’autres sources. Il y a aus­si le dan­ger d’asseoir dura­ble­ment un cercle de cer­tains médias auto­ri­sés et vali­dés par lui-même, ce qui aurait ten­dance à pro­vo­quer un effet contraire à celui recher­ché.

Dès lors, que faire? Faut-il uti­li­ser le Deco­dex ou le reje­ter en bloc comme étant un tis­su de men­songes? L’aveuglement, dans les deux sens, ne me paraît pas sou­hai­table. Après tout, ce n’est qu’une simple indi­ca­tion, qu’on peut libre­ment choi­sir d’ignorer. Peut-on s’en pas­ser et navi­guer tout de même en sûre­té sur les auto­routes de l’information, en appli­quant une métho­do­lo­gie adap­tée? Je le crois. Ten­tons ensemble de poser quelques prin­cipes qui pour­ront nous aider à y voir plus clair.

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À ton nom (Saez) - Lyrics in english

À ton nom (Saez) — Lyrics in english

/ à ton nom, Article, english, lyrics, saez, translation

I wan­ted to create a new series of articles on this blog. As you know, I love music and wri­ting. We often see trans­la­tions of songs from english into X lan­guage. But it’s quite sel­dom that we see french texts por­ted to english and we have so many great lyrics in french! For star­ters, I pro­pose to you a text from my favo­rite french artist, Damien Saez. And of course, I add the song.
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Pervers du train condamné à une amende

Pervers du train condamné à une amende

/ Article, justice, Valais

Y’a dès fois où je ne com­prends pas les gens. Pour ceux qui ne seraient pas au cou­rant, un indi­vi­du de 22 ans a été condam­né à une amende suite à la plainte de deux filles de 16 et 17 ans. Acte suf­fi­sam­ment révol­tant en soi, une révolte que je com­prends très bien. Et pour­tant…

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Trump, TPMP ou la glorification de la bêtise

Trump, TPMP ou la glorification de la bêtise

/ Article, haine, ignorance, racisme, Trump

Bon, je ne sais pas vrai­ment dans quel sens par­tir, ça fait quelque temps que je sou­hai­tais écrire ce qui va suivre, je vous demande donc un peu d’indulgence si mes bal­bu­tie­ments se confondent en erre­ments. En effet, comme d’ailleurs bien sou­vent sur ce blog, je me parle sur­tout à moi-même pour struc­tu­rer ma propre pen­sée.  Le point de départ, c’est ce billet de Fran Sad, vont s’y gref­fer ça et là d’autres idées. Je me répète, mais je n’ai rien fil­tré, j’écris cet article comme il vient. Vous l’aurez sans doute remar­qué au titre, qui ne veut rien dire.

Le pre­mier constat avec lequel je suis for­cé­ment en accord, c’est qu’on vit à l’ère de l’information, et pour­tant, on n’a jamais été autant dés­in­for­més. Ceci est dû à mon sens à deux points prin­ci­paux: tout d’abord, la quan­ti­té d’informations et la rapi­di­té avec laquelle elles s’enchaînent opèrent une sorte de cen­sure par le nombre, de sorte que même dans le cas où il n’y aurait aucune fausse info en cir­cu­la­tion, on ne pour­rait mathé­ma­ti­que­ment pas prendre connais­sance de tout. Le deuxième point pro­blé­ma­tique, c’est que pour être à même d’analyser ces infor­ma­tions, il faut avoir du temps (ce qui manque cruel­le­ment, en ver­tu du point pré­cé­dent, vu qu’il faut aller cher­cher d’autres sources, pour recou­per, ten­ter d’avoir une vue large) et un cer­tain panel de connais­sances. Je ne suis pas en train de faire dans l’élitisme ici, vu qu’on peut être doc­teur en phy­sique quan­tique et être une bille en géo­po­li­tique. En outre, bien peu de gens sont capables d’admettre une limite à leurs connais­sances…

On n’a donc ni le temps, ni les connais­sances d’analyser tout. Pour­tant, nous y allons tous de nos avis et de nos opi­nions, bien trop sou­vent avec émo­tion plu­tôt que rai­son. Et nous fai­sons pareil en face des opi­nions d’autrui, il en résulte un vor­tex d’incompréhensions mutuelles, un ver­rouillage de la com­mu­ni­ca­tion qui est pour­tant un élé­ment capi­tal pour ne pas débou­cher sur les géné­ra­li­sa­tions à outrance (“les arabes”, “les UDC”, “les socia­lopes”, “les Amé­ri­cains”, etc etc etc). Oui, je suis un par­ti­san du Pada­mal­gam, en pres­crip­tion géné­ra­li­sée cepen­dant. Pour autant, ce n’est pas une rai­son pour en faire une médi­ca­tion obli­ga­toire. Bien sûr que ça me désole, que ça me rend furieux à l’intérieur d’entendre ou de lire des pro­pos racistes, homo­phobes, sexistes et j’en passe et des meilleures. Réus­sir à faire taire ces per­sonnes ne m’intéresse pas pour­tant. OK, j’y gagne­rais une cer­taine paix, mais ça serait cacher la merde du chat sous le tapis ou plu­tôt scel­ler une cocotte-minute sur le feu. Quand on fait ça et que ça finit imman­qua­ble­ment par explo­ser, on se retrouve avec des Trump ou Le Pen, gens qui n’auraient clai­re­ment pas autant de suc­cès si tout allait bien.

Ce que je veux dire par là, c’est que vou­loir inter­dire ces choses que j’exècre n’a tout bon­ne­ment aucune chance de réus­sir: on ne peut pas inter­dire une idée sans la ren­for­cer en même temps. Par exemple, dire à l’Artiste Mal Pen­sant qu’il n’a pas le droit de faire ses des­sins et faire en sorte de l’exclure de son école ne va pas pro­duire comme résul­tat une remise en ques­tion pro­fonde de ses au contraire, c’est armer le béton pour que l’idée soit encore plus dure à cas­ser. Est-ce que vou­loir annu­ler les concerts d’un groupe comme Peste Noire va empê­cher quelques cons de com­mettre des actes vio­lents et hai­neux? Aucu­ne­ment, le net se char­ge­ra très bien de dif­fu­ser les mor­ceaux. Et non, je ne suis pas pour un blo­cage de ce genre de conte­nu non plus, de toute façon c’est contour­nable en un tour­ne­main… Encore une fois, j’ai bien conscience que ce sont des pro­pos hai­neux au pos­sible, mais c’est une sorte de fas­cisme que de vou­loir lut­ter contre le fas­cisme en l’interdisant sans autre forme de pro­cès. Nota bene: je me limite là à l’expression, à par­tir de l’instant où cela entre dans le monde réel et a des effets concrets sur la vie des gens, comme on le voit au len­de­main de l’élection de Trump avec un regain d’actes vio­lents

La volon­té de dia­logue mutuel me semble capi­tale et je parle bien de dia­logue, pas d’échanges d’invectives ayant uni­que­ment le but de détruire l’autre. Même le pire des racistes est un être humain et est à ce titre doté d’une intel­li­gence qu’il ne fau­drait pas négli­ger. Il faut tout faire pour réta­blir le dia­logue avec ce genre de per­sonnes, pour ten­ter d’ouvrir une fenêtre vers un autre mode de pen­sée, car il faut bien avouer qu’à boire tou­jours à la même source, on finit tou­jours par croire que notre eau est la meilleure. Après, j’avoue que si la per­sonne en face n’a aucune envie d’écouter et de ten­ter de com­prendre, je n’ai pas vrai­ment de solu­tion toute faite. Quand bien même je me trom­pe­rais et qu’il fau­drait les cen­su­rer au final, cela ne va pas faire dis­pa­raitre l’idée comme par magie. Il nous faut donc réflé­chir à d’autres moyens de lut­ter.

Cela me parait devoir pas­ser tout d’abord par une inci­ta­tion à s’élever. Non, je ne vous pro­pose pas un trip spi­ri­tuel, juste d’arrêter de pol­luer son cer­veau avec des royales conne­ries telles que Touche pas à Mon Poste. Com­bien de fois ai-je lu “Mais j’ai bien le droit de me détendre à la fin de ma jour­née de tra­vail”. Bon sang, fal­lait-il que ça soit avec cette bouse télé­vi­suelle qui exalte la médio­cri­té intel­lec­tuelle?  Que vaut donc un peuple qui rit de voir un gars se faire glis­ser des nouilles dans le slip, une femme se faire embras­ser la poi­trine contre son gré, un homme croire qu’il est com­plice d’une homi­cide (en camé­ra cachée, super l’humour…). Comme pour ce qui a été cité plus haut, inci­ter à la dépro­gram­ma­tion de cette émis­sion (de gaz toxiques) est une erreur, il vau­drait bien mieux de faire en sorte que les gens n’aient plus envie de la regar­der. L’esprit mer­can­tile d’Hanouna (car le fric est bien la seule chose qu’il l’anime) aura vite fait de com­prendre que ça ne rap­porte plus l’humour pipi-caca dont il fait montre dans son émis­sion. Je rejoins là à nou­veau Fran, l’ignorance semble être un mal bien répan­du sur notre pla­nète. Une pho­to de cha­ton se fera encen­ser sur les réseaux sociaux, un clash par You­Tube inter­po­sé fera les gorges chaudes et l’attention mono­po­li­sée. Un sujet sérieux, s’il ne per­met pas de cra­cher sur autrui, par contre, va juste être enter­ré sous les décombres du peu de digni­té qu’il nous reste.

Enfin, j’ai ergo­té bien long­temps pour que qui­conque aie lu jusqu’ici, je crois bien… Je vais donc briè­ve­ment conclure par: Bor­del, par­lez-vous les uns les autres…

Adden­dum Depuis l’écriture de ce texte j’ai appris que le sieur Hanou­na avait pro­tes­té à sa manière contre l’élection de Trump. Bon, c’est peut-être juste his­toire de sur­fer sur le buzz anti-Trump mais comme quoi il n’y a pas que du conte­nu vide de sens. Mais ne criez pas vic­toire trop tôt, c’est une goutte d’eau face aux conti­nents de conne­ries que j’ai pu voir. (Oui je me suis infli­gé plu­sieurs best-of de son “émis­sion”)

 

Viola Sicura

Viola Sicura

/ Article, loi, viol

Le viol est une des pires choses qui puisse arri­ver à un être humain, les vic­times se sentent souillées voire même par­fois cou­pables de ce qui leur est arri­vé. Il va sans dire que si elles lisent des décla­ra­tions aus­si hal­lu­ci­nantes que celle d’Andrea Geissbüh­ler (pour­tant femme et ex-poli­cière!), elles ne pour­ront qu’être confor­tées dans ce sens. Vu les posi­tions de son par­ti sur la légè­re­té des peines et le laxisme géné­ra­li­sé de la jus­tice, il est pour le moins curieux qu’elle voie la chose comme une baga­telle…

Les femmes naïves qui ramènent à la mai­son des hommes qu’elles ne connaissent pas, se laissent aller pour ensuite déci­der qu’elles ne veulent fina­le­ment pas de rap­port sexuel sont en quelque sorte aus­si un peu res­pon­sables. Dans ce cas, les peines de pri­son avec sur­sis peuvent peut-être se jus­ti­fier

A. Geissbüh­ler

Hé oui, la croyance selon laquelle une femme habillée sexy qui aurait le mal­heur de convier un homme chez elle est une femme qui cherche à se faire vio­ler est bien vivace voire pan­dé­mique chez les mâles de base mais aus­si mal­heu­reu­se­ment chez cer­taines concer­nées au pre­mier plan. Mes­dames-mes­sieurs, non veut dire non, que ça soit à la pre­mière approche ou entre minuit et les cou­ver­tures! Si vous êtes tel­le­ment gor­gés de tes­to­sté­rone que vous ne pou­vez résis­ter à la ten­ta­tion, alors allez vous mas­tur­ber aux WC puis allez consul­ter un psy­chiatre parce que le pro­blème ce n’est pas elles, c’est VOUS.

Mais cela ne se limite pas au viol, cer­taines phar­ma­cies refu­sant ain­si de déli­vrer des contra­cep­tifs d’urgence soi-disant par pro­blème de conscience. C’est tout bon­ne­ment hal­lu­ci­nant que de tels ves­tiges de patriar­chisme sub­sistent encore au jour d’aujourd’hui. L’expropriation de leur propre corps que subissent les femmes, la sou­mis­sion au soi-disant devoir conju­gal sont des abo­mi­na­tions. Cette ten­ta­tive de domi­na­tion s’immisce même jusque dans les lieux d’aisance avec les pro­duits d’hygiène fémi­nine qui coûtent encore bien trop cher. J’en vois dans le fond qui rient sous cape, consi­dé­rant que c’est un com­bat ridi­cule. Étran­ge­ment, vous ne man­quez pas de viru­lence si ça atteint une femme proche de vous…

Et si seule­ment ce n’était là  que des vannes faites dans le cercle pri­vé (quoique cela dévoile déjà les pré­mices d’une culture machiste), mais non, ça alpague dans la rue, ça met une main aux fesses à cause de l’alcool, ça envoie des mes­sages incon­ve­nants agré­men­tés sou­vent de pho­tos non-sol­li­ci­tées, etc… Mais que fait la loi? D’aucuns mettent en contraste les peines légères voire inexis­tantes infli­gées aux vio­leurs avec la lour­deur des sanc­tions de Via Sicu­ra. Je pense qu’on n’a même pas besoin de cette com­pa­rai­son (ce n’est quand même pas com­pli­qué de res­pec­ter une limite de vitesse quand on sait les risques encou­rus… mais bref, ce n’est pas le sujet ici) pour se rendre compte que l’état actuel du Code Pénal Suisse est désas­treux, entre autres parce qu’il ne recon­naît le viol que comme étant une péné­tra­tion contrainte d’un pénis dans un vagin, la sodo­mie n’étant alors qu’une contrainte sexuelle. Dans ce der­nier cas, la peine peut être de la pri­son jusqu’à dix ans ou seule­ment une peine pécu­niaire…

Rajou­tez à cela la com­plai­sance de cer­tains juges, le fait que si la per­sonne ne crie pas et ne se débat pas (mal­heu­reu­se­ment sou­vent le cas dans les viols conju­gaux) il lui sera repro­ché de ne pas l’avoir fait et donc d’avoir presque inci­té l’agresseur, met­tez-y de la culpa­bi­li­té (slut­sha­ming), de la honte et la peur des moque­ries, vous ne pour­rez qu’admettre que la légis­la­tion mérite une révi­sion et les vic­times une pro­tec­tion et un accom­pa­gne­ment dignes de ce nom. Une peine de pri­son ou un inter­ne­ment psy garan­tis serait déjà un grand pro­grès, le sur­sis étant vécu comme un véri­table camou­flet et un déni de leur souf­france par les quelques vic­times qui osent dénon­cer leur agres­seur.

Source: 20 Minutes, Le Figa­ro, Taxe tam­pon (20 Minutes),

Monopole divin sur la moralité?

Monopole divin sur la moralité?

/ Article

Blaise Pas­cal pariait en 1670 sur l’existence de Dieu, disant qu’étant dans l’impossibilité de déter­mi­ner son exis­tence réelle, il valait mieux croire car si Dieu n’existait pas, fina­le­ment l’athée comme le croyant ne per­daient rien. Si Dieu existe, l’athée perd et le croyant gagne. Une bête ques­tion de sta­tis­tiques, somme toute. Mais cela est un peu maigre à mon sens, les choses divines ne pou­vant pas sim­ple­ment tenir dans une table de véri­té à quatre cases… De plus, la foi ne sau­rait nous empê­cher d’être des salo­pards, de même qu’il existe des humains bons et non-croyants. Saul est deve­nu Paul de Tarse sur le che­min de Damas et a arrê­té de per­sé­cu­ter des chré­tiens pour deve­nir un Saint majeur des chré­tiens: grand bien lui fasse. M’est avis qu’il aurait tout aus­si bien pu déci­der de lui-même d’arrêter de tru­ci­der ses sem­blables parce qu’ils croyaient en autre chose que lui. Pour­tant son his­toire telle que nar­rée dans la Bible nous laisse à croire qu’il y a un avant et un après la Foi, que seule la croyance en Dieu nous sau­ve­rait de la dam­na­tion éter­nelle.

C’est une ques­tion qui divise l’humanité depuis des siècles et qui conti­nue­ra tant que l’Humain sera Humain: les dieux sont-ils à l’origine de toute morale? Pour cer­tains, le seul moyen de tendre vers le Bien (notez la majus­cule) est d’abandonner son des­tin aux mains célestes en sui­vant des pré­ceptes, pour d’autres, il s’agit de le prendre à bras-le-corps et de se le for­ger soi-même. Dans le cas de l’absence réelle de divin, il n’y a que les seconds qui puissent avoir rai­son mais cela écour­te­rait bien trop mon pro­pos, je vais donc par­tir de l’hypothèse qu’il existe une dimen­sion divine (peu importe laquelle, fina­le­ment). De là, com­ment déter­mi­ner si le divin fonde toutes les règles morales ou s’il peut y en avoir en-dehors d’une fon­da­tion divine ? Et sur­tout, ces règles sont-elles abso­lues et uni­ver­selles?

Romanesco
Chou Roma­nes­co

Si on prend la Nature seule, sans aucun être humain (ou forme de vie capable d’entrer dans le monde méta­phy­sique, soyons larges), lorsque , par exemple, un chat mange une sou­ris, y’a-il vrai­ment bien pour le chat et mal pour la sou­ris? Ou est-ce juste la vie, une simple suite de faits sans conno­ta­tion morale? Je veux dire par là qu’il me semble n’y avoir de morale que s’il y a des humains pour faire des choix et donc don­ner aux actes une incli­nai­son morale. La Nature en elle-même est, rien de plus, rien de moins. Lorsque nous nous exta­sions devant la beau­té d’un pay­sage, c’est notre sens esthé­tique qui trouve cela beau. Lorsque nous la regar­dons au micro­scope et sommes  par la struc­ture si régu­lière de la Nature, doit-on en conclure qu’il n’y a qu’une intel­li­gence supé­rieure qui aie pu créer cela ou que c’est tout sim­ple­ment la meilleure manière de dis­po­ser les élé­ments de la plante pour X ou Y rai­son? Fina­le­ment, que la Nature aie été engen­drée par le divin ou pas, l’athée et le croyant peuvent être tout aus­si bien frap­pés par sa beau­té. Mais je digresse, rete­nons donc juste que d’une même consta­ta­tion, nous pou­vons tirer des conclu­sions radi­ca­le­ment oppo­sées.

Pour en reve­nir à la morale, s’il paraît évident que le croyant tire les règles des ouvrages sacrés et de sa foi et qu’il tend à les res­pec­ter pour aller vers un Idéal (ou parce qu’il veut évi­ter l’Enfer?), qu’est-ce qui pousse un non-croyant à ne pas agir comme la der­nière des cra­pules égo­cen­triques? Est-ce un reli­quat de judéo-chris­tia­nisme, qui à tra­vers les lois, les tra­di­tions et l’éducation finit quand même par atteindre le cœur mécréant? Est-ce que Aime ton pro­chain comme toi-même (Mat­thieu 22:39) et Agis de telle sorte que tu traites l’humanité comme une fin, et jamais sim­ple­ment comme un moyen (Impé­ra­tif pra­tique de Kant) ne sont-elles pas deux for­mu­la­tions dif­fé­rentes d’un prin­cipe plus glo­bal ?

Je n’ai pas de réponse défi­ni­tive et caté­go­rique aux ques­tions que je sou­lève, de même que je n’ai aucune cer­ti­tude que mon agir se per­pé­tue ad vitam sans chan­ge­ment. J’essaie d’agir au mieux selon com­ment j’aimerais être trai­té en retour. Alors bien sûr que je suis tout autant capable d’horreurs que n’importe qui (nous sommes tous pêcheurs, n’oubliez pas), bien sûr que cette atti­tude n’entraîne pas for­cé­ment un trai­te­ment équi­valent en retour. Mais si je le fai­sais dans le but d’avoir un retour, si on se met à faire les choses par pur machia­vé­lisme, un acte bon devien­drait immé­dia­te­ment mau­vais (ex: don­ner de l’argent à un clo­chard et se fil­mer pour le mettre sur You­Tube). Quant à Dieu, s’il existe, on fera les comptes à la fin, j’espère juste qu’il vou­dra bien me rendre la cau­tion 🙂

 

Image: Hor­se­men of the Apo­ca­lypse par itsbxd

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