Joyeux Noël

Noël, la neige, les décorations, le sapin, le repas, le trépignement des enfants au moindre bruit, les cadeaux, les réjouissances, les sourires, la convivialité. Ou pas… Pendant que la plupart des gens savourent leur repas, d’autres crèvent de faim dans la rue, sont gravement malades, comptent les centimes pour acheter leur pain quotidien, se sautent à la gorge pour des vieilles rancœurs qui ont macéré toute l’année ou manquent de mourir dans un accident de voiture car ils étaient trop pressés de rentrer pour retrouver leur famille.

Il me semble bien qu’à la base, Jésus, c’est un symbole de paix et d’amour bien éloigné des pratiques mercantiles d’aujourd’hui. Mon pauvre vieux, si tu avais la mauvaise idée de redescendre, je crois bien que tu te pendrais avec ton linceul. Mais bon, cela ne m’étonne guère de la part d’une humanité qui a depuis longtemps déjà décidé de régresser au stade animal, troquant la compassion pour l’avidité. Entre les débats sur la couleur des assiettes, sur la façon dont il convient de disposer les guirlandes, sur l’heure à laquelle on mangera, sur l’hypothétique visite de cousins éloignés qui n’ont plus donné signe de vie depuis des lustres, il y a de quoi se morfondre devant tant de vacuité.

Bon sang, comment font-ils pour ne pas voir l’étendue du malheur qu’il y a autour d’eux? Sont-ils aveugles ou, à la manière dont on ignore un mendiant dans la rue, trop accros à leur bonheur éphémère pour le compromettre avec la détresse des autres? Je crois qu’ils n’ont rien compris du sens de cette fête… Allez, consommez et rentrez dans la danse, mais n’oubliez pas, demain rien n’ira mieux…

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