Réaction à un message de Lycaon, sur Suissnet
Il est à la fois bien vide et bien taré notre pauvre monde, épuisé, réduit à l’inutilité bouffonne d’une gourde gigantesque emplie simplement de l’écho des cris de jouissance simulée, pour que les existences modestes et sérieuses ainsi que pour les valeurs simples soient tant raillées, dénigrées et peu à peu dédaigneusement délaissées. La décence, l’intelligence et la dignité ont définitivement sombré dans les abîmes du ridicule psychanalysant et l’égoïsme névrotique pour que les femmes parviennent à penser et à déclarer sans honte qu’avoir un enfant et l’éduquer est un « sacrifice ». Sacrifice ? Cette chance inouïe, cette possibilité d’éternité, cette mission fondamentale, cette responsabilité glorieuse ?
Des larmes envahissent la croix et le soleil se voile…
La luxure et la vulgarité ont terrassé tous leurs opposants et tous leurs anciens maîtres pour que la puanteur poisseuse des boites de nuit, la futilité somnambulesque du shopping compulsif et la crapoteuse promiscuité des bars de nuit soient considérées comme de formidables « épanouissements » tandis que la sobre probité d’un foyer bien tenu et solide, scellé par un serment, devient synonyme d’enfermement et d’abêtissement obscurantiste.
La virilité a été étrillée par son artificielle caricature à l’heure de Meetic et de la semi-prostitution généralisée pour que des hommes puissent encore tirer une gloire éphémère quelconque du « nombre » de leurs biens peu périlleuses et bien peu difficiles conquêtes copulatoires. Ils oublient de chercher à s’élever aristocratiquement au-dessus de cette masse tristement jouisseuse grâce à la construction familiale et la fidélité.
Tous les mots ont perdu de leur signification réelle puisque des cohortes toujours plus nombreuses de zombies petits-bourgeois plus ou moins crasseux considèrent la légalisation d’une drogue supplémentaire comme une victoire de la liberté.
Nous sommes devenus indifférents à tout pour ne trouver plus rien de gravissime, révoltant, intolérable, plus assez en tout cas pour justifier la colère et la juste violence. Nous avons répudié à jamais le christianisme pour n’exciper de la charité chrétienne que lorsque celle-ci permet d’excuser la lâcheté. Nous sommes devenus à ce point présomptueux pour mépriser si absolument la longue litanie des leçons du passé.
D’autres font le glaçant constat de la laideur émétique du monde que l’on a contribué à construire pour vouer une hargne absolue et inextinguible à tous ceux qui prétendent vivre en dehors de ses règles et de ses conventions alors qu’ils devraient, en bonne logique, se contenter de les plaindre de n’être pas capables de profiter pleinement des plaisirs indiscutables et des félicités grandioses du progrès et de la modernité.
Les insultes et les éructations agressives de nos ennemis ne sont au final que des hommages mal camouflés.