Quelques mots sur le « Handicap invisible » (Grégoire)

Aujourd’hui je souhaite traiter d’un sujet qui me tient à cœur ; non pas que je l’aime, mais il me colle à la peau, et contre ma volonté, fait partie intégrante de mon être ainsi que de mon quotidien.

Et à ma connaissance, ce thème n’est pas souvent abordé. Pourtant, chacun est susceptible d’en avoir perçu les effets, ou d’avoir côtoyé des personnes qui en ont souffert ou en souffrent encore.

Il s’agit de ce que j’appelle « le handicap invisible ».

Je puis affirmer sans trop m’avancer qu’à l’heure actuelle, chacun connait de près ou de loin les conséquences que peuvent avoir les handicaps physiques ou moteurs. Pas tant sur le plan matériel, bien que l’incapacité physique ou cérébrale est difficile à supporter au quotidien, que sur le plan émotionnel et/ou psychique. En effet, vivre au milieu d’êtres humains « dans la norme » conduit bien souvent à la dépréciation de soi.

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Réveil au goût de rien (Effy)

La chambre est noire. Elle entrouvre les yeux, les cheveux collés au visage par la sueur et la saleté.

Putain, il fait une de ces chaleur.

Il est collé contre elle. Sa transpiration glacée lui file la nausée. Vite, dégager d’ici, avant qu’il se réveille.  Avant qu’il ait l’occasion de la foutre dehors ou de vouloir la garder là, le con. Faufiler ses membres, sans bruits, ramasser une culotte et des chaussettes, embarque 100 balles qui traînent et une veste..  Ne pas claquer la porte, ne pas l’égorger, le porc qui bave sur les draps puants. Et puis longer une rue grise, encore une ou on crève de froid, sac a dos à l’épaule, capuchon vissé sur le crâne.

Elle est une fille de rien. Une fille de rue. Et c’est à chaque fois pareil, elle se lève, elle se barre, pour un ailleurs qu’elle ne trouve pas. Chaque fois elle marche, se sent dégueulasse, se persuade qu’elle n’est pas qu’une pute, que c’est mieux de faire ça que de crever de froid dans des chiottes lugubres..

Elle et son regard noir, sa manière de ne s’extasier devant rien, de ne même pas vouloir sauver le monde qu’elle fuit et qui le lui rend bien. Elle aimerait même voir cramer la vieille qui promène son pépère en la dévisageant.

Se souvenir, assise sur un banc en regardant ces cons de pigeons, sa mère qui la trouvait tellement belle. On se demande ce qu’elle en dirait, la bourgeoise, maintenant. Les cheveux coupé aux épaules, sales, collés les uns aux autres, la peau tout juste blanche et grise, les joues creusée.. La maigreur s’exprime jusque sur ses lèvres pâles et fendue et cette moue de dégout qui ne la quitte plus..  »Souris un peu, princesse » qu’elle disait..

Dans la précipitation elle a oublié son paquet de clopes chez le type d’hier soir. Il n’y a plus qu’à trouver un tabac dans ce bled. Les rues sont désespérément vides, et quand bien même elle croiserait quelqu’un, il flipperait tellement qu’elle n’en attendrait rien. C’est peut-être ça qui lui donne encore un peu de pouvoir sur les autres, physiquement elle n’est pas attirante, même pas impressionnante. Mais du haut de ses dix-sept ans, ces joues creuses, ces gestes fébriles, cet air de cadavre prêt à s’effondrer.

Un oiseau blessé qu’on aimerait recueillir. C’est sans compter que sa fragilité a tendance à se transformer en instabilité, en folie, en fuite..  Un oiseau blessé qu’on aimerait achever.

Règle numéro une: Ne jamais se retourner.

Effy

Daria Morgendorffer

Daria: Ne t’inquiète pas, je ne me sous-estime pas du tout, ça c’est une erreur.
C’est tous les autres que je sous-estime.

Kevin: Dis voir, pourquoi est-ce que je devais m’intéresser à Shakespeare et à ce type, là, Hamlet ?
Daria: Ah, toi. Ça te concerne. Dans Hamlet aussi y’a un crâne vide.

Mr O’Neill: Bien, je propose que nos fassions tout pour que le rêve de Daria devienne réalité.
Daria: Vous voulez dire, le rêve où tous les gens dans la rue se transforment en torches humaines ?

Trois cents nuits (Almarita Frida Azad)

J’ai le sommeil lent. J’appelle ! J’assigne, J’apostrophe. Je ne perds pas l’ambition. J’appelle ! J’appelle ! J’appelle ! Âcres échos enfumés de mémoires, ça s’essouffle le souffle, c’est comme les ciels d’été, ça vous prend, vous ronge et ca vend votre corps mutilé aux vautours.

Trois cent nuits que je t’attends.

Morphée ! Morphée ! Morphée ! Elle fume, fumante, Morphée ! Morphée ! Comme je voudrais m’endormir près de ton odeur ! Comme tes effluves mâles renferment des souvenirs ! Voleur, rends-moi les morceaux de passé dont je sens les relents lorsque tu approches.

Renaître au renouveau, dormir, douce nuit de sommeil lourd ! M’abandonner entièrement à mon corps encerclé par le tien. Prison des assouvis.

Trois cents nuits que je ne dors pas. Mille années d’espérance, à t’attendre, attendre.

Mon amour de médecin n’a depuis longtemps plus rien à prescrire. Qu’elle dorme ! Salope de garce, qu’elle parvienne à la salvation du repos d’elle-même.

J’ai peur sans toi la nuit.

Lorsqu’il m’arrive de partager mon lit, mes draps sales, trop sales, je ne dors toujours pas. Jamais avant lui. Mille heures, cent mille petites secondes à épier, lorsqu’il s’endort, je marche dans la chambre. Je bouge, j’agite ces bras inutiles sans toi. Il ne me reste alors rien, rien que du dégoût pour lui. J’enfile un vêtement pour revenir dans le lit. Désert, entendue de pulsions, il ne reste vraiment plus rien. Neuf mille mégots sur le sol tapissent de leurs cendres le néant. Je vais vomir, j’ai si peur sans toi.

Vas et viens, retourne-moi ! Je le regarde, réveilles toi ! Roi assouvi !

Mariam Magarditchian ( Almarita Frida Azad)

Controverse: Lorsque la cigarette ne tuait pas (Almarita Frida Azad)

A l’heure où les bars et de plus en plus de lieux publiques abjectent la présence de ces quasi-archaïques hommes et femmes qui osent – oh! Scandale ! -tenir en leur bec un vestige du XXème siècle, où les articles dans tous les journaux martèlent à coups d’arguments bisounours les méfaits du tabac, les fumeurs, pestiférés et criminels, ont bien le droit à quelques lignes, le temps de terminer leur clope….

La peur de mourir

Dans les pharmacies, à coup de journaux gratuits et dits informatifs ou les grandes surfaces, elles, en matraquage publicitaire incessant, l’on n’étend qu’un seul discours : La santé.

Du Sacro-saint amaigrissement obsessionnel à vos pieds, votre peau, vos ongles, vos cheveux, votre apport en vitamine C, D, B1, B2.

Une partie de ce matraquage a pour source des critères de séductions, évidemment, de jeunesse, puisqu’être vieux en Occident, c’est être faible, laid et gâteux

Petit-à-petit augmente donc cette peur inhérente à l’humain de mourir, pire, l’obsession de vivre le plus longtemps possible pourrit chaque jour un peu plus notre existence. Nous perdons notre temps à essayer d’en avoir le plus possible. Normal, dans une société où les générations ne se côtoient plus, où l’on ne joue pas à coté de nos grand-parents défunts. Non, bien sûr, « les mettre à l’EMS a été un choix difficile mais nécessaire ». Madame devait prendre du temps pour elle, pour se construire en rendez-vous chez l’esthéticienne…

Attachez votre ceinture !

Si je devais résumer le flot de conseils que je reçois chaque jour à travers la publicité étatique ou non, il se résumerait à cela : faites du sport (de préférence en salle), mangez ni salé ni sucré ni gras, ne fumez plus ! Pratiquez le yoga, consultez un psy (afin qu’un inconnu vous dise qui vous êtes et que puissiez entièrement vous déculpabiliser de tous vos actes) et surtout ayez peur, absolument peur de tout. Les journaux le disent et les caméras de surveillance sont là: le vol et le crime sont partout.

L’absurdité de ces messages est sans limites, nous devrions donc préparer notre corps et notre esprit à vivre, mais quand vivre ?

Le but est évidemment toujours le même, nous occuper le peu de temps qu’il nous reste pour penser, utiliser chaque seconde. L’Église a ses prières afin de nous montrer le droit chemin, le consommateur lambda a ses publicités. Allons à confesse, le divan.

Ma liberté s’arrête là où celle des autres commence ?

La relativité et l’absurdité de cette sentence, utilisée a tout va, est presque burlesque. On martèle, on s’indigne au nom de la liberté !  C’est l’argument de ceux qui hypocritement utilisent des mots de gauche pour des discours de droite, ces mots qui ne veulent plus rien dire, parce que personne ne peut les contredire !

Oui la cigarette engendre quelquefois le cancer du poumon et du larynx ainsi que de nombreux effets indiqués sur les paquets…. Et non je ne défends pas British American Tobacco et ses milliards de bénéfice.

Par ces quelques mots, je ne cherche pas à inciter qui que ce soit à fumer ! Non ! Je désire le retour à quelque plaisir… l’arrêt de ces obsessions, de cette panique face à ma garrot et le carpe diem de chacun…

Mariam Magarditchian ( Almarita Frida Azad)

Imagine… (par Effy)


On imaginera, autours d’une bouteille de vodka, ce que la terre aurait été si elle était a plat, on dessinera des sourires à la craie sur le béton. celui qui a rappé mes joues et accueilli les larmes dont tu ne savais plus quoi faire.

On nous a appris à parler puis a nous taire, a nous d’oublier, on aimera la vie, on n’pleurera pas « l’avant », on s’en foutra de « l’après », j’cracherai du feu, tu feras des bulles gigantesque.

Saltimbanque à la petite semaine, un peu *Hobo, un peu manouche, on vendra ta voiture et j’te ferais des tresses parce qu’on sait très bien que dans mille ans il n’en restera rien.

Parce que ceux qui nous suivent n’aurons même pas besoin de nous aimer et que ce sera très bien comme ca.

Deux fugueuses dans la nuit, la cendre de leur clopes rouges brillantes. Deux évadées qui sont parties des prisons dans lesquelles on les a enfermées même si elles étaient innocentes. Des gitanes sans famille. Des orphelines qui on des parents, peut-être, quelque part. 
Des courants d’air. Des dormeuse de cage d’escaliers. Le coeur libre et le cerveau laver à l’air pur, à la belle étoile.

Django Reinhardt me donne envie de vivre, sur une route, un sac a dos, sans se retourner. Posez vous la question, c’est peut-être mieux ailleurs, arrêtez d’attendre, partez, juste pour voir.

Effy